M. Hassan B. Jallow, Procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), a fait une déclaration aujourd’hui à l’occasion de la commémoration du 20ème anniversaire du génocide rwandais, lequel s’était étendu sur une centaine de jours dès le 6 avril 1994 et s’était soldé par la mort d’environ un million de personnes en raison de leur appartenance à l’ethnie tutsie ou à d’autres groupes ethniques opposés au meurtre de victimes innocentes.

Dans l’hommage qu’il a rendu aux victimes et aux rescapés du génocide rwandais, le Procureur Jallow a exprimé sa « gratitude aux milliers de rescapés qui ont bravé de nombreuses embûches pour venir témoigner devant le TPIR, lui fournissant ainsi des éléments indispensables à l'exécution de son mandat, à savoir rendre justice ».

Le Procureur a souligné le fait que le Tribunal a travaillé en collaboration avec le système judiciaire rwandais et d’autres juridictions nationales dans le cadre d’un processus mondial « visant à rendre justice aux victimes et aux rescapés et à demander des comptes aux auteurs du génocide ».

Créé en 1994 pour poursuivre les personnes ayant joué un rôle de premier plan dans la planification et l’exécution du génocide rwandais, le TPIR a achevé tous les procès en première instance et mènera les procédures d’appel  à leur terme l'année prochaine. Il a mis en accusation 93 dirigeants, dont l'ancien Premier Ministre Jean Kambanda, d'anciens ministres, de hauts responsables militaires, de hauts fonctionnaires, des dirigeants politiques et des membres du clergé, entre autres. Toutes les personnes inculpées, sauf 9, ont été jugées, et soixante-et-une d’entre elles ont été condamnées pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Le Procureur a également remercié le Gouvernement et le peuple du Rwanda pour le soutien et la collaboration qu’ils ont apportés au Tribunal, ainsi que les États Membres, la communauté internationale et le processus mondial visant à demander des comptes, pour leur action notamment en ce qui concerne l’arrestation des fugitifs.

M. Jallow a toutefois relevé  que beaucoup reste à faire, 9 fugitifs étant toujours en liberté, et que le travail à cet égard ne pouvait être menée à bien qu’avec la collaboration active de tous les États en vue de l’arrestation et du transfèrement des fugitifs visés pour qu’ils soient jugés. Le Procureur a souligné le fait que « plusieurs génocidaires présumés que le TPIR n'a pas été en mesure de juger à cause de la limitation de son mandat doivent, conformément aux exigences du droit international, être poursuivis par leurs pays d'accueil ou extradés vers le Rwanda pour y être jugés ».

Parlant de l’action à venir, M. Jallow a conclu par ces mots: « Notre objectif ultime doit cependant être de traduire en termes concrets le désir profond qui trouve son expression dans la formule « plus jamais ça ».  La mise en œuvre, sur le plan national et international, de stratégies efficaces visant à prévenir ces atrocités à grande échelle doit devenir une priorité mondiale. La communauté internationale doit s’acquitter de son obligation de protéger les populations menacées par de telles atrocités ».

Procureur du TPIR depuis le 3 octobre 2003, M. Jallow a été nommé Procureur du Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) le 1er mars 2012. Depuis le 1er juillet 2012, nombre de fonctions du TPIR, notamment la recherche et la poursuite des fugitifs, les recours formés après cette date contre les jugements et les décisions rendus dans le cadre d’affaires portées devant du TPIR et le suivi des affaires renvoyées au Rwanda, sont de la compétence de la division d’Arusha du MTPI.