Le Président et le Procureur du Mécanisme ont participé par message vidéo à la cérémonie officielle de commémoration qui s’est tenue au mémorial de Potočari, en Bosnie Herzégovine, en présence d’un certain nombre d’autres hauts dignitaires internationaux et nationaux, dont le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et l’actuel Président de la présidence de Bosnie-Herzégovine, Sefik Džaferović.

Le Président Carmel Agius a commencé par faire part de ses réflexions personnelles sur son expérience en tant que Président de la Chambre de première instance du Tribunal pénal pour l’ex Yougoslavie (le « TPIY ») saisie de l’affaire Popović et consorts et appelée à juger les crimes perpétrés à Srebrenica en juillet 1995. Il a fait remarquer que cette expérience, qui l’a marqué à vie, « n’[était] rien à côté des souffrances insoutenables et des pertes irrémédiables qu’ont endurées et qu’endurent encore aujourd’hui les victimes et leurs familles ». S’agissant des résultats obtenus ces 25 dernières années, le Président a déclaré ce qui suit: « [I]l reste encore beaucoup à faire. Certes, le TPIY et le Mécanisme ont rendu la justice sur le plan international, mais des milliers d’auteurs présumés de crimes doivent encore être jugés devant les juridictions nationales. De plus, les victimes continuent d’être tourmentées par ceux qui tentent de nier leur vécu et, par là, leur existence même. » Le Président Carmel Agius a dit néanmoins espérer que les nouvelles générations auront la capacité et la détermination de créer une réalité différente, et qu’elles « défendront la vérité et la justice au nom des victimes auxquelles [il est] rend[u] hommage aujourd’hui ».

Dans son allocution, le Procureur Serge Brammertz a déclaré : « Pour véritablement honorer la mémoire de ceux qui ont disparu il y a 25 ans, et pour rendre hommage aux victimes et rescapés qui se trouvent parmi nous aujourd’hui, il est de notre responsabilité de poursuivre notre combat pour la justice et la vérité et d’appeler ce qui s’est produit à Srebrenica par son nom : génocide. » Il a fait part des craintes de plus en plus vives pour les générations à venir que lui ont exprimées les victimes et les rescapés, et a souligné qu« il fa[llait] mettre un terme » au phénomène répandu que sont le déni de génocide et la glorification des personnes condamnées pour crimes de guerre. « Trop longtemps, la communauté internationale a espéré que ce problème finirait tout simplement par disparaître. Mais il ne disparaîtra pas », a-t-il ajouté. Le Procureur a appelé la communauté internationale à « parler d’une seule voix lorsque [le génocide de Srebrenica] est nié » pour éviter de « manqu[er] une fois de plus à [ses] devoirs envers les victimes de Srebrenica, comme [elle] l’[a] fait il y a 25 ans ».

Le Greffier Abubacarr Tambadou s’est joint au Président et au Procureur du Mécanisme pour rendre hommage aux victimes du génocide de Srebrenica et a souligné que le Mécanisme avait la responsabilité de préserver son propre héritage et celui du TPIY, déclarant ce qui suit : « Le TPIY et le Mécanisme ont méticuleusement examiné et documenté les atrocités qui ont eu lieu à Srebrenica en 1995, qu’ils ont à maintes reprises qualifiées en usant du seul terme adéquat : génocide. Unis aujourd’hui en souvenir de cette inconcevable tragédie, nous ne rendons pas seulement nos plus sincères hommages aux milliers de victimes innocentes et à leurs familles en deuil. En faisant en sorte que cet ensemble sans précédent de documents qui nous ont été confiés soient conservés, ne sombrent pas dans l’oubli et soient consultables par tous, nous prenons aussi fermement position contre l’injustice, l’impunité et le révisionnisme. Ces documents témoignent avec éloquence de la vérité et resteront un garde-fou contre l’indifférence et le déni. »

Le TPIY et le Mécanisme ont condamné 15 personnes pour génocide et autres crimes perpétrés à Srebrenica en juillet 1995, y compris des dirigeants politiques et des chefs militaires serbes de Bosnie de haut rang. Au cours du génocide, près de 8 000 hommes et garçons musulmans de Bosnie ont été tués ou ont disparu, et près de 30 000 femmes et enfants ont été transférés de force hors de l’enclave de Srebrenica.

Pour de plus amples informations sur les affaires liées aux crimes commis à Srebrenica en juillet 1995 jugées devant le TPIY ou le Mécanisme, veuillez consulter la page Web du Mécanisme consacrée à Srebrenica.